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BRODER SANS COMPTER
L'ART DE LA BRODERIE EN ALSACE DU 16E AU 20E SIECLE

Galerie Heitz (Palais Rohan)
26 novembre 2004 | 7 mars 2005

   
 

Depuis une dizaine d'années, la broderie fait de plus en plus d'adeptes, qui se passionnent pour cette activité, pratiquée tant dans le calme de leur intérieur qu'au sein de clubs très actifs. Parallèlement, un intérêt nouveau se fait jour pour la riche histoire de cet art décoratif, qui reste pourtant mal connue, car les œuvres textiles, très fragiles, sont difficiles à conserver et à présenter.

L'exposition thématique que propose le Musée Alsacien est donc avant tout une exposition-découverte, la première sur ce thème qui soit proposée par les Musées de Strasbourg. Si la broderie alsacienne au point de croix, réalisée avec le fil “Rouge du Rhin” est à présent bien connue, cette présentation est l'occasion d’en découvrir bien d’autres aspects à travers près de 200 pièces confectionnées entre le 16e et le 20e siècle et conservées dans les fonds de plusieurs Musées de Strasbourg.

Au-delà de la volonté de faire partager au public le plaisir d'admirer les matières, les motifs et les couleurs des broderies, le Musée Alsacien veut montrer qu'un art décoratif considéré comme mineur peut être révélateur d'une histoire culturelle particulière. Les tissus brodés sont des objets-témoins, dont l'étude contribue à écrire l'Histoire. Ils montrent la confrontation entre art savant et art populaire, les influences successives du fonds traditionnel d'Europe centrale et de la création française, évoquent l'importance sociale de l'appartenance religieuse et même les répercussions sur la vie quotidienne des changements de nationalité qu'a connus l'Alsace.

La province a d'ailleurs un lien particulier avec la broderie, puisque c'est à Strasbourg qu'a été imprimé en 1579 un des premiers livres de modèles de broderie édités en Europe et c'est à Mulhouse que les usines de l'entreprise D.M.C. fabriquent depuis plus de 150 ans le fil de coton à broder aujourd'hui encore le plus utilisé en France et dans une grande partie du monde.

Enseignée à l’école comme la calligraphie, la broderie servait à marquer le linge de maison et à orner les tissus liés aux rites de passage, qu'ils soient juifs ou chrétiens. Parure vestimentaire, les motifs floraux se déployaient sur les gilets de soie portés par les Strasbourgeois au 18e siècle, sur les châles et bonnets de coiffe souvent somptueux des paysannes alsaciennes. Tableaux “peints à l’aiguille” ou essuie-mains d’apparat brodés contribuaient au décor de l'intérieur qu'il ait été urbain ou rural, bourgeois ou paysan.

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