À l’instar
des chapelles et des pièces consacrées aux peintures
de Mark Rothko, il nous faut entrer au cœur même du Salon
de musique de Vassily Kandinsky, comme si nous pénétrions
corps, cœur et âme dans cette création singulière.
Vassily Kandinsky est l’artiste protéiforme européen
par excellence. Russe, influencé par Goethe et son Traité des
couleurs, participant aux aventures artistiques allemandes du début
du siècle, vivant dès le début de la Seconde Guerre
mondiale à Paris, son travail est père du mouvement abstrait
et témoigne d’une vitalité créative intense.
Avec le Salon de musique, c’est son activité des années
trente au Bauhaus de Dessau qui est saluée. Ce très important
don de la société L’Oréal renforce de façon
magistrale la collection des pièces artistiques d’avant-garde
du début du XXe siècle des Musées de Strasbourg.
Avec les décors restitués de l’Aubette de 1928,
voilà deux magnifiques exemples d’œuvres d’art
total, issues de courants séminaux du siècle passé,
le mouvement De Stijl et le Bauhaus, qui témoignent d’idées
impressionnantes qui influenceront durablement l’art de l’époque
et celui à venir.
Aujourd’hui encore, ces courants irriguent plus ou moins souterrainement
bon nombre de créateurs en architecture, sculpture, design,
peinture et photographie.
Une Gesamtkunstwerk comme le Salon de musique dit beaucoup de l’attachement
de Strasbourg à la culture la plus emblématique et la
plus bouillonnante. Elle dit aussi beaucoup de notre amour de l’art
en général et fait écho finalement à l’un
des premiers slogans du Bauhaus : construire le futur.
Fabienne
Keller, Maire de Strasbourg
Robert Grossmann, Président de la C.U.S