(extraits du CD-Rom réalisé à l’occasion de l’exposition / Adrien Weber, Directeur du Musée des Enfants au Centre Paul Klee et Michael Baumgartner, Conservateur à la Paul-Klee-Stiftung)

Enfance et jeunesse, 1879-1898

Paul Klee est né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee, près de Berne, en Suisse. Son père, allemand, travaillait comme professeur de musique, sa mère avait une formation de chanteuse. Klee commence à jouer du violon à sept ans, tout en pratiquant le dessin pendant son temps libre dès l’age de quatre ans. Il dessine les paysages autour de Berne, le lac de Thoune, des vues de la ville de Berne ou encore les Alpes. Il s’intéresse également à la biologie et reproduit des objets naturels dans leurs moindres détails. Pour le jeune Klee, ces illustrations n’ont pas une dimension artistique, mais constituent un éventail de formes qui va lui servir pour son travail artistique ultérieur. Sa mère conserve soigneusement de nombreux dessins de sa période scolaire et préscolaire. Dans un catalogue rétrospectif, Klee regroupe, en 1911, ses tout premiers dessins d’enfance, ce qui montre qu’il les considérait comme importants pour son parcours artistique. En 1898, il ne sait pas encore s’il veut être musicien ou peintre, mais il choisit finalement la peinture parce que les beaux-arts lui paraissent offrir davantage de liberté créatrice que la musique.

Les œuvres de jeunesse, 1899-1910

Paul Klee part à Munich pour suivre une formation artistique dans une école de peinture privée mais n’y étudie que six mois. En avril 1898, il commence à tenir un journal, qu’il continue jusqu’en 1918. Après un séjour d’étude de six mois en Italie de 1901 à 1902, il passe les quatre années suivantes dans la maison de ses parents, à Berne, pour poursuivre sa formation de peintre en autodidacte. Klee reste très critique face à ses progrès artistiques, notamment envers ses peintures à l’huile. C’est avec ses dix gravures « Inventionen » (Inventions), réalisées entre 1903 et 1905, qu’il crée son premier groupe d’œuvres significatives. Parallèlement, Klee dessine des figures caricaturales entièrement inventées.
L’été 1905, Klee commence à expérimenter une série de peintures sur verre : il noircit une plaque de verre, grave ses motifs dans la couche de peinture noire, puis applique une nouvelle couche de peinture blanche pour faire ressortir les motifs. Jusqu’en 1912, il réalise 57 peintures avec cette technique.
En 1906, Klee épouse la musicienne Lily Stumpf (contre la volonté des parents de celle-ci) et ils s’installent à Munich. Le 30 novembre 1907 naît Felix Klee, leur seul enfant. Dès 1907, Klee dessine de plus en plus d’après des sujets naturels, de préférence dans les carrières d’Ostermundigen. Bien qu’il se soit familiarisé très tôt avec la peinture à l’huile, il s’est consacré presque exclusivement au dessin jusqu’en 1914.
1910 est une année charnière dans la vie de Paul Klee : la phase d’étude en autodidacte est terminée, il trouve son propre langage pictural et entre définitivement dans le monde de la couleur.
En août, a lieu sa première exposition personnelle, au Kunstmuseum de Berne. L’amitié naissante avec Alfred Kubin, qui lui achète son premier dessin en décembre 1910, contribue également à mieux faire connaître Klee. Commencent alors ses rencontres fructueuses avec des artistes européens d’avant-garde.
Le groupe du « Blaue Reiter » (Cavalier bleu) - voyage en Tunisie, 1911-1914
En 1911, Paul Klee commence à dresser un catalogue de ses œuvres. Comme d’autres artistes, il considère l’enfance comme l’idéal de l’activité créatrice. C’est la raison pour laquelle il reprend dans un catalogue 18 de ses 40 dessins d’enfant conservés, leur donnant du même coup le statut d’œuvre d’art. Dans ses commentaires manuscrits, il classe sa production artistique en évaluant précisément ce qu’il considère comme important ou non. Ce catalogue, qu’il a tenu jusqu’à sa mort, compte près de 9 000 œuvres.
En mai 1911, Klee commence l’illustration du roman de Voltaire Candide ou l’optimisme. Avec un trait volontairement agité, il crée un nouveau type de figures schématisées, qui soulignent le message fondamentalement pessimiste du roman, tout en concrétisant une conception moderne et originale du dessin. Peu après, Klee fait la connaissance de Wassily Kandinsky et Franz Marc, fondateurs du groupe expressionniste d’avant-garde du Blaue Reiter qui proclame le retour aux racines de l’expression artistique. Dans leur almanach, il est représenté par une œuvre et à la deuxième exposition du groupe par 17 œuvres.
À partir de novembre 1911, il écrit quelques articles et critiques d’art pour le mensuel suisse Die Alpen et participe régulièrement à des expositions collectives, en Suisse et en Allemagne (notamment dans la galerie berlinoise Der Sturm).
Dès 1913, Klee se découvre une passion pour la couleur. Le point culminant de cette période particulièrement fertile est son séjour de deux semaines en Tunisie, au printemps 1914. C’est là qu’il célèbre la « percée de la couleur », dans la lumière de l’Afrique du Nord, en compagnie d’August Macke et de Louis Moilliet. L’inscription dans son journal est restée célèbre : « C’est le moment le plus heureux de ma vie. La couleur et moi ne faisons plus qu’un. Je suis peintre ! » Les huit aquarelles résultant de ce voyage en Tunisie, sont exposées l’été 1914 dans la première exposition de la Neue Münchner Sezession.

La Première Guerre mondiale et l’après-guerre – la percée de Paul Klee jusqu’au succès, 1914-1920

Malgré la guerre, Klee continue de travailler intensivement. Il s’efforce d’échapper autant que possible à l’absurdité et à la cruauté de la guerre en s’adonnant à son activité créatrice. Après son voyage en Tunisie, les années 1914 et 1915 sont les plus fécondes de sa vie d’artiste, avec 475 œuvres pour chacune d’elles. La structure réduite de ses œuvres, qu’il appelle lui-même « abstraction cristalline », est typique de ces années-là.
Le 11 mars 1916, quelques jours seulement après la mort de son ami Franz Marc au front, Klee est appelé comme soldat dans l’armée allemande. À partir de janvier 1917, il sert dans l’école d’aviation de Gerthofen, ce qui lui évite un engagement au front. C’est ainsi qu’il peint régulièrement après son service.
À la fin de la guerre, Klee cesse de tenir son journal. Il continue cependant à retravailler son contenu et s’intéresse aux problèmes théoriques liés à la création artistique. En 1918, il commence son premier essai sur la théorie de l’art, qui parait en 1920 sous le titre de « Schöpferische Konfession » (Confession créatrice). En 1919, Klee loue un atelier dans le châtelet de Suresnes, à Munich, où il se consacre pour la première fois intensivement à la peinture à l’huile. Durant cette phase, il crée des œuvres mariant tonalités et couleurs, se libère des angles droits du cadre et commence à introduire dans ses compositions des symboles tels que des étoiles, des arbres, des flèches et des lettres.
Après s’être momentanément passionné pour le gouvernement révolutionnaire de la Räterepublik, il doit fuir le régime militaire en 1919, pour se réfugier en Suisse. À Zurich, il retrouve Hans Arp et Tristan Tzara, ainsi que d’autres représentants du mouvement Dada.
Au mois de mai 1920, une exposition à Munich réunit 363 de ses œuvres et en octobre Klee est invité par Walter Gropius à joindre l’équipe enseignant au Bauhaus, à Weimar. L’année suivante paraît la première monographie consacrée à Klee.

Au Bauhaus à Weimar, 1921-1924
Au Bauhaus à Weimar, Paul Klee commence son activité d’enseignement qui comprend une partie théorique sur les formes et la représentation le matin, et des exercices pratiques l’après-midi. Il reprend l’atelier de reliure, et dès 1922, dirige l’atelier de peinture sur verre, tout en s’intéressant beaucoup aux fondements théoriques de ses principes artistiques. Presque tous ses cours ont été conservés, dont les « Beiträge zur bildnerischen Formlehre » (Contributions à la théorie de la forme picturale), de 1921 à 1922.
À la même époque, Klee perfectionne sans cesse sa technique de l’aquarelle, superposant systématiquement plusieurs couches de couleur et obtenant ainsi des dégradés extrêmement fins. Il voit dans la réduction une possibilité créatrice, sans toutefois en faire un principe intrinsèque, comme le fit Mondrian.
Klee confectionne une cinquantaine de poupées dès 1919, pour son fils Felix, à partir de matériaux de récupération, dans un esprit dadaïste. L’été 1922, Kandinsky est nommé à son tour au Bauhaus. En 1923, Klee publie son essai « Wege des Naturstudiums » (Voies de l’étude de la nature) et le 26 janvier 1924, il présente son célèbre exposé « Über moderne Kunst » (Sur l’art moderne) à la Société d’art de Iéna.
Au même moment, la Société anonyme à New York réalise la première exposition entièrement consacrée à Paul Klee. Au printemps 1924, la marchande d’art allemande Emmy Scheyer fonde, avec Feininger, Jawlensky, Kandinsky et Klee, le groupe The Blue Four. À partir de 1923, le Bauhaus est de plus en plus critiqué par les milieux de droite à Weimar. Le 26 décembre 1924, le Bauhaus est fermé.
Au Bauhaus à Dessau, 1925-1931
1925 est pour Klee une année de décisions importantes et de succès à l’étranger. En mars, le Bauhaus déménage à Dessau. Après une longue hésitation, Klee décide de conserver son poste au Bauhaus, mais ne déménage qu’en 1926, lorsqu’il peut occuper avec Kandinsky l’une des maisons de maître construites à Dessau.
En juillet 1925, le collectionneur Otto Ralfs fonde la Klee-Gesellschaft, qui assure un revenu mensuel annexe au peintre à travers des achats jusqu’à la fin des années trente. Fin 1925 paraît dans la série des publications du Bauhaus le « Pädagogisches Skizzenbuch » (Esquisses pédagogiques) de Paul Klee.
Durant ses vacances, Klee entreprend des longs voyages d’étude en Italie, à Porquerolles, en Corse, en Bretagne, au Pays basque et notamment en 1928, un voyage de deux mois en Égypte. Les impressions qu’il ramène du pays du Nil se retrouvent, par exemple, dans son œuvre « Monument im Fruchtland » (Monument dans la contrée fertile).
À l’occasion de son 50e anniversaire, la galerie Alfred Flechtheim organise, fin 1929, deux expositions rétrospectives. Christian Zervos et René Crevel publient chacun une monographie en langue française sur Klee.
Sous l’impulsion de son nouveau directeur Hannes Meyer, le Bauhaus prend définitivement son orientation constructive et fonctionnelle. En 1928, Paul Klee publie son essai « Exacte Versuche im Bereich der Kunst » (Essais exacts dans le domaine de l’art), dans lequel il dénonce un procédé artistique constructif dicté par la seule raison et excluant tout ce qui relève de l’intuition.
Pour Klee, sa charge d’enseignant devient de plus en plus lourde et il envisage dès 1928 de quitter l’école. Ayant besoin d’un revenu régulier, il prend contact avec la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf en 1929.
Plusieurs expositions importantes se succèdent en 1930 au Museum of Modern Art à New York, à la Nationalgalerie de Berlin, et en 1931 à Hanovre et à Düsseldorf. Klee résilie son contrat avec le Bauhaus le 1er avril 1931 et accepte une nomination à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf ; ce qui suscite des commentaires mitigés dans la presse.

Professeur à la Staatliche Kunstakademie Düsseldorf, et l’arrivée au pouvoir des nationaux-socialistes, 1931-1933

À partir d’octobre 1931, Klee enseigne à la Staatliche Kunstakademie, à Düsseldorf. Il y loue une chambre, mais conserve son appartement à Dessau jusqu’en mars 1933. Klee a un atelier dans chacune de ces deux villes, dans lesquels il peint avec des styles différents. Par exemple à Düsseldorf, il travaille intensivement à des œuvres pointillistes. À cette époque, la situation économique et politique se détériore. En mars 1933, les nazis fouillent l’appartement de Klee à Dessau, qui se réfugie temporairement en Suisse. Le 21 avril, c’est-à-dire peu avant son déménagement à Düsseldorf, Paul Klee est démis de ses fonctions d’enseignant avec effet immédiat.
À son retour en Allemagne, Klee sous-estime, dans un premier temps, le danger que représente pour lui le nouveau régime. Ce n’est que le 23 décembre 1933 qu’il émigre en Suisse, sur l’insistance de sa femme Lily. Face aux changements politiques et aux menaces pesant sur sa propre personne, Klee réagit par une production accrue. En 1933, il inscrit dans son catalogue 482 œuvres, dont 314 dessins. Dans ses œuvres, Klee traite de la politique des nazis qui confisquent et détruisent des œuvres d’art moderne. Et en effet, en 1933, des œuvres de Klee sont mises au pilori par les nazis dans le cadre de trois « expositions de la honte » à Mannheim, Chemnitz et Dresde.

L’émigration de Paul Klee, 1934-1936
Le retour de Klee à Berne, est certainement l’événement le plus violent de sa vie. En tant qu’artiste de renommée internationale, il se retrouve dans une sorte d’isolement spirituel. Ses contacts se réduisent à un petit cercle de connaisseurs, de collectionneurs et d’amis. Sa fuite et ses conditions de logement précaires bloquent tout d’abord sa production. Au printemps 1934, sa productivité augmente brièvement, avec notamment plusieurs œuvres de grand format. Parallèlement, les signes d’une crise artistique se multiplient dans les années 1934 à 1936. Le nombre de ses œuvres diminue. Au printemps 1934, il réalise sa première exposition en Grande-Bretagne et en juin, Daniel Henry Kahnweiler organise à Paris une exposition entièrement consacrée à son œuvre. En automne de la même année paraît en Allemagne le catalogue raisonné « Paul Klee, Handzeichnungen 1921-1930 » (Paul Klee, dessins à la main de 1921-1930) réalisé par Will Grohmann. Après la confiscation de l’ouvrage par les nazis en avril 1935, tout nouveau projet de livre consacré à Paul Klee apparaît comme voué à l’échec, en Allemagne. La Kunsthalle de Berne organise en février 1935 une grande exposition sur les œuvres de Klee des années 1919 à 1934. Et il est représenté par d’importants groupes d’œuvres dans les deux plus importantes expositions générales sur l’avant-garde artistique, organisées en 1936 par le Museum of Modern Art à New York.
En automne 1935 Klee tombe gravement malade. La sclérodermie, une maladie rare, paralyse complètement son activité artistique jusqu’au printemps 1936. La même année, Klee effectue deux cures prolongées dans les Alpes suisses, qui ralentissent quelque peu la progression de la maladie. Malgré cela, sa santé demeure très fragile. Sa production artistique atteint son niveau le plus bas en 1936, avec seulement 25 œuvres.

Les dernières années de sa vie, 1937-1940

Fin février 1937, la santé de Klee se stabilise, et il peut reprendre ses travaux. C’est sa période la plus féconde, mais aussi la dernière de sa vie. En 1937, il crée 264 œuvres, l’année suivante 489, et en 1939 pas moins de 1253. Le style employé par Paul Klee à la fin de sa vie, dominé par de simples signes noirs, surprend un grand nombre de ses admirateurs. En juillet 1937, quinze de ses œuvres sont mises au pilori dans le cadre d’une exposition d’art « dégénéré » organisée par les nazis. Ses œuvres sont ridiculisées, entre autres, par le qualificatif « d’art de psychopathe ». En 1937, ce sont au total 102 œuvres de Klee qui sont retirées de musées allemands. La plupart d’entre elles sont vendues à l’étranger contre des devises. C’est ainsi que la majeure partie de ses œuvres d’avant 1933 aboutit dans des collections américaines. Klee s’efforce de se concentrer sur sa production, qu’il poursuit malgré d’atroces douleurs dans son petit appartement bernois, et de recevoir encore quelques artistes importants : Kandinsky et Picasso en 1937 et en 1939, Georges Braque.
Dès 1938, des expositions de Klee sont organisées régulièrement à New York et dans d’autres villes des États-Unis. Après l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale en 1939, Paul et Lily Klee se retirent encore plus de la vie publique. Au cours de cette année la plus prolifique de toute sa carrière, Klee crée de nombreuses séries de dessins, dont la fameuse série des anges.
En février 1940, à l’occasion du 60e anniversaire de Klee, le Kunsthaus de Zurich présente une grande exposition sur les années 1935-1940. C’est la seule exposition conçue par Klee lui-même sur ses œuvres tardives.
Paul Klee meurt le 29 juin 1940, pendant une cure à Locarno-Muralto. Six jours plus tard, il aurait obtenu la nationalité suisse. Avant la fin de cette même année, d’importantes expositions commémoratives sont organisées à Berne et à New York.

La Paul-Klee-Stiftung et le Zentrum Paul Klee, 1940-2005

À la mort de Paul Klee, Lily Klee hérite des œuvres de son mari. Dans le cadre de l’accord de Washington de 1946, les avoirs allemands en Suisse doivent être saisis et remis aux Alliés. Comme Lily Klee est de nationalité allemande, des collectionneurs suisses lui achètent sans hésiter l’ensemble de l’héritage artistique de Paul Klee le 20 septembre 1946 afin qu’il puisse rester en Suisse. Lily Klee meurt deux jours plus tard. La Paul-Klee-Stiftung est fondée à Berne, le 30 septembre 1947.
Le premier objectif de la fondation est la conservation adéquate des œuvres et leur présentation en Suisse et à l’étranger. Un deuxième objectif, à savoir la recherche sur les sciences de l’art consacrée à l’œuvre de Paul Klee, avec des archives correspondantes, se développe à partir des années soixante-dix/quatre-vingt. Le projet de recherche le plus important de la Paul-Klee-Stiftung est constitué par la publication du Catalogue Raisonné Paul Klee, un ouvrage scientifique de référence de 9 tomes consacré à l’ensemble de son œuvre.
À la mort de Felix Klee en 1990 à Berne, sa seconde femme Livia Klee-Meyer et son fils Alexander, sont devenus les héritiers uniques des œuvres de Paul Klee.
En 1992, et à l’initiative d’Alexander Klee, le projet d’un musée consacré à Paul Klee à Berne est né. Livia Klee fait don à la ville et au canton de Berne de 700 œuvres, à la condition que le musée soit inauguré au plus tard en 2006. De son côté, Alexander Klee met à disposition, en 1998, plus de 900 œuvres sous forme de prêt permanent. La même année, le chirurgien suisse Maurice E. Müller et son épouse Martha Müller offrent à la ville de Berne un terrain et des moyens financiers pour la construction du musée. Cela à la condition que la conception architecturale soit confiée à l’architecte italien Renzo Piano, que le musée devienne un centre culturel polyvalent et qu’il soit construit en dehors de la ville de Berne, dans le quartier de Schöngrün. Le premier coup de pioche a été donné le 15 octobre 2001. Suite à l’inauguration de cet ouvrage, la Paul-Klee-Stiftung sera dissoute fin 2004 et transformée en Stiftung Zentrum Paul Klee. Le 20 juin 2005, le Zentrum Paul Klee à Berne ouvrira ses portes aux visiteurs internationaux. En tant que lieu de rencontre et de vulgarisation, ce centre reflètera aussi la pluridisciplinarité de Paul Klee : l’artiste y sera présenté en tant que peintre, musicien, poète, naturaliste et important pédagogue de l’art. Avec au total 4 000 œuvres, les trois collines en forme de vagues accueilleront la plus grande exposition au monde consacrée à un seul artiste. Des expositions temporaires se pencheront sur le contexte artistique de Klee, et une salle de musique permettra de découvrir ou de mieux connaître le côté musical de l’artiste. La vulgarisation artistique y jouera également un rôle central, en particulier dans le Musée des enfants : c’est là que sera mis en valeur l’héritage didactique de Paul Klee. Des workshops et des cours de formation s’adresseront aux petits et aux grands visiteurs, et permettront de jeter des éclairages nouveaux sur l’art moderne et la vie en général.