MARYLENE NEGRO
VIENS



Musée d’Art moderne et contemporain

7 octobre 2004 | 27 mars 2005

   
 
Du 7 octobre 2004 au 27 mars 2005, le Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg présente viens, un projet spécifiquement conçu par Marylène Negro.

Un mot : viens, bleu sur jaune, suivi d’un numéro de portable : 06 76 45 37 56.

L’appel se réduit à lui-même, sans intention autre que celle de faire venir.

Invitation impérieuse, qui laisse l’autre libre de son initiative, de son mouvement…

Mot d’autorité mais aussi d’intimité. Un mot violent. Mais ne portant que la violence d’un mot. La portant loin.

L’appel est diffusé via le réseau d’affichage urbain (colonnes Morris) et les tickets d’entrée des musées de Strasbourg.

Le mailing des musées de la ville reçoit en guise d’invitation un ticket d’entrée viens, au verso duquel est tamponnée la mention suivante: Marylène Negro vous invite aux Musées de Strasbourg du 07-10-04 au 10-10-04 - NBRE PERS : 2 PERS GRATUIT.

À cela s’ajoute chaque mois un envoi e-mail.

Force d’approche : tout dépend de cela. Faire venir dans ce lieu de l’attrait.

Prendre le parti de vous atteindre, seulement vous, le parti d’attendre…

Sur la terrasse du Musée d’Art moderne et contemporain, le mot viens seulement, très grand, peint à même le sol, bleu sur jaune. Sur cette zone, un mât au sommet duquel un pavillon sonore est orienté face au musée. Il diffuse en direct tous les appels reçus depuis le 06 76 45 37 56.
Le numéro, relié à un répondeur, répond par l’annonce suivante, faite par l’artiste :

" Bonjour. Tu es au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg. Parle. On t’écoute…".

Tout peut arriver lorsqu’un appel est lancé publiquement. Celui qui reçoit dispose, à chacun de se faire une opinion. S’inscrire dans le paysage collectif, prendre celui-ci comme un terrain de conquête, attirer l’attention sur des outils de passage, provoquer les normes du langage. Laisser à chacun le soin d’y trouver son propre mode d’identification. Tenter d’élargir le champ de l’art pour y rendre visibles des moments ou des figures du lien social, réunies en une communauté illusoire. Voir, par la portée du geste dispersé dans le présent, jusqu’où l'œuvre peut aller.

Depuis 1993, Marylène Negro conçoit des pièces sonores, accessibles par téléphone et répondeur, et pour lesquelles les participants (choisis à l’époque par l’institut Louis Harris) furent invités à laisser, par exemple, l’une des expressions “Très peur”, “Assez peur”, “Pas très peur” ou “Pas peur du tout”. Même chose avec “ Un peu”, “Beaucoup”, “Passionnément”, “À la folie”, “Pas du tout”. Puis “Dites-moi quelque chose” et “Un signe vous”. C’est une sorte de synthèse de ces actions qu’elle réalise avec viens.

Plusieurs institutions françaises s’associent entre fin 2004 et début 2005 pour présenter un ensemble d’expositions de Marylène Negro. Il s’agit de l’École Supérieure d’Art du Mans (2–31 oct. 2004), du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (7 oct. 2004–27 mars 2005), du Musée d’art contemporain Val-de-Marne/Vitry (22, 23, 24 oct. 2004), du Fonds Régional d’Art Contemporain (Frac) des Pays de la Loire à Carquefou (20 nov. 2004–13 fév. 2005), du Fonds Régional d’Art Contemporain de Haute-Normandie (17 nov. 2004–16 janv. 2005) et du centre d’art Passerelle à Brest (22 janv.–12 mars 2005).

Une importante publication intitulée " Negro toi-même ", et dirigée par Pierre Leguillon, paraîtra également en hiver 2004.