LE TABLEAU CONTEMPORAIN
SILVIA BÄCHLI
ERNST CARAMELLE
HELMUT DORNER
KARL KELS
JEAN-FRANçOIS MAURIGE
ERIC POITEVIN
JEAN-CLAUDE ROUSSEAU


23 juillet > 10 octobre 2004
Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

 


Dire que la question du tableau traverse différents champs de l’art est une évidence, et associer dans une même exposition des œuvres de peinture, des dessins, des photographies et des films n’est pas franchement aller à contre-courant. La différence ici est que la rencontre ne se fait pas autour d’un thème ou d’une iconographie mais plutôt autour de sujets. Parler de tableau aujourd’hui dans l’espace de l’art contemporain, c’est généralement vouloir aborder des questions relatives à la représentation et à ses codes, et plus des histoires de format, de dimensions, de cadre. Le tableau, ce n’est pas cette fausse idée moderniste de l’affirmation d’une spécificité du médium mais bien celle du questionnement perpétuel du médium dans le souci d’être, selon le mot de Mondrian, au plus près de la réalité, ou de saisir le plus possible de celle-ci. C’est ce questionnement, très éloigné du kit question-réponse fourni par l’art critique, qui reste une idée contemporaine.

En rapprochant ici une peinture ou un dessin abstrait, un film post-structurel ou une photo de motif, on voudrait amener à regarder des plans, des cadres, des formes de travail qui présentent selon nous certaines affinités. Pour le dire simplement, la nature documentaire des œuvres de peinture nous intéresse autant que la nature graphique du film ou de la photographie, sans oublier la manière dont ces pièces se construisent, la façon dont elles font appel au hors-cadre ou au hors-champ.

Que Dorner illumine ses tableaux sur acrylique par le blanc du mur, que Bächli retrouve dans l’accrochage la dynamique de son travail, que Maurige charge ses tableaux de la teinture du tissu et de l’énergie du sol, ou que Caramelle revisite l’architecture par des plans de couleurs délavées, tous accomplissent une forme de décentrement du regard. Parallèlement, les vues de forêt de Poitevin ont un puissant effet all-over et que les plans de Rousseau ou de Kels saisissent par leur concentration. Ce qui réunit ces artistes, c’est pour chacun d’eux l’élaboration d’un protocole de travail, un cadre strict capable d’accueillir l’accident et l’étonnement.

On ne manquera pas de voir dans cette exposition comme des actualisations dans différents médiums de l’idée de tableau, et passé l’impression d’avoir payé son dû à la thématique, on pourra alors se tourner vers les sujets des œuvres et voir comment ceux-ci peuvent travailler ensemble, se compléter et se faire écho. Plutôt donc qu’une exposition à thème, " Le Tableau contemporain " se veut une confrontation de sujets, dans laquelle le propos du commissaire se place en parallèle. En dépassant les dichotomies : médium actuel, médium historique, salle noire, salle blanche, réaffirmer l’exposition comme phénomène cinématique essentiel.

Œuvres de : Silvia Bächli, Ernst Caramelle, Helmut Dorner, Karl Kels, Jean-François Maurige, Eric Poitevin, Jean-Claude Rousseau


VISITES

— Visites commentées :
Les jeudis à 19h et les dimanches à 11h.
— Deutsche Führung (visite en allemand) :
tous les samedis à 14h30.
— « Une heure / une œuvre » :
Silvia Bächli, le 17 septembre,
Ernst Caramelle, le 24 septembre,
Jean-François Maurige, le 1er octobre,
Helmut Dorner, le 8 octobre, à 12h30.
— « Le temps d’une rencontre » :
En compagnie du commissaire de l’exposition Patrick Javault.
Le jeudi 7 octobre à 18h30.