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Le musée historique est logé dans l ancienne
Grande Boucherie de Strasbourg.
Dès la fin du XIIIe siècle, les bouchers, avec leurs
boutiques, occupèrent lemplacement dit «Under
Metzingern» auquel sajouta labattoir ou «
Schlachtus » près du pont du Corbeau. Vétustes,
insalubres, et peu commodes les constructions médiévales
furent remplacées au XVIe siècle par un seul bâtiment
dont la construction débuta en août 1587 pour sachever
en mai 1588. Il est admis que larchitecte en chef de
lépoque,
Hans Schoch, créateur du « Neu Bau », lactuelle
Chambre de Commerce sur la place Gutenberg, donna les plans de
la
Boucherie quexécutèrent le « Stadtwerkmeister
», Jacques Kestler et le maître-charpentier, Paul Maurer.
Rares sont aujourdhui les édifices utilitaires des
siècles passés aussi bien conservés que la
Grande Boucherie. Conçue à lorigine comme un
immense hall, sans cloisons intérieures, elle comprend un
rez-de-chaussée, un premier étage et trois étages
de combles. A part les murs extérieurs (en briques crépies),
les structures internes sont entièrement en bois. De magnifiques
piliers en chêne supportent des poutrages et des plafonds
en sapin. Un bel escalier en colimaçon dans la tourelle dangle
assure la circulation dun étage à lautre.
Les étaux des bouchers, ou « Fleischbänke »
occupaient le rez-de-chaussée. Le reste du bâtiment
pouvait servir dentrepôt, et, pendant les foires, le
premier étage était loué à des marchands
de fils, de lin, de toile et de chanvre.
La
transformation du bâtiment au cours des siècles
Au début du XVIIe siècle, l’insuffisance de
lieux pour l’abattage
et le dépeçage provoqua la construction de plusieurs
bâtisses en colombages, adossées aux deux ailes latérales
tout en surplombant lIll : lactuel jardinet était
alors une cour pavée de galets du Rhin. En même
temps on embellit le bâtiment par ladjonction dun
balcon le long du mur est du jardinet. Il reposait sur des
consoles ornées
dentrelacs et de têtes de béliers, le tout portant
la date de 1605. Enfin lérection dun escalier
monumental double, face à lactuel
restaurant « Strissel » améliora la circulation
dans lédifice en donnant un accès direct
au premier étage. Faute de crédits dentretien,
il fut abattu après 1765. Le « Pfifferbrider »
est la seule échoppe qui subsiste de toutes celles édifiées
contre le pourtour de la Boucherie aux XVIIe et XVIIIe siècles.
En 1859, lachèvement de nouveaux abattoirs, rue
Sainte-Marguerite, amena la désaffectation de la Grande
Boucherie. Une partie du rez-de-chaussée continua, jusquavant
la seconde Guerre Mondiale, dabriter les étals
de marchands des quatre saisons. Fragiles, soumis à dincessantes
réparations,
les édifices face à lIll furent détruits.
Un moment, après 1870, lembryon de la nouvelle bibliothèque
municipale occupa le reste de lédifice. Sans affectation,
il fut question de raser lensemble (1887) quand, fort
heureusement, les autorités décidèrent
dy installer
un musée des arts décoratifs et industriels
ou «Hohenlohe-Museum», que lempereur Guillaume
II inaugura en 1897. La vénérable Grande Boucherie
trouvait une nouvelle vocation : celle de musée. C’est à cette époque
que correspondent les percements d’arcades symétriques.
Une
restauration récente
Fermé depuis lautomne 1987, le bâtiment a rouvert
ses portes. Après la restauration des façades,
des aménagements intérieurs
et muséographiques ont été entrepris. Après
les travaux de confortement des fondations du bâtiment
puis la restauration générale
de l'édifice du XVIe siècle, la suite de l'opération
de réhabilitation a été confiée à
une équipe de conception composée du cabinet d'architecture
AEa (Mulhouse), de l'agence GSM Design (Montréal) et du
bureau d'études OTE Ingénierie (Illkirch-Graffenstaden),
les études étant menées en collaboration
avec Monique Fuchs, conservateur en chef du musée et
sa petite
équipe.
Le musée se développe sur une surface de 1
700 mètres carrés répartis au rez-de-chaussée
et au premier étage du bâtiment. Les combles, qui
ne peuvent être ouverts au public pour des raisons de
sécurité,
abritent des locaux de service. L'entrée se fait par l'aile
située en face de l'Ancienne Douane.
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