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D'ARCHITECTURE | TAPISSERIES | ORFEVRERIE | MOBILIER | BATIMENTS |
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L'Eglise
Cathédrale de Strasbourg, portail du transept sud
Vers 1230
Grès rose
195 et 193,5 cm |
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La Synagogue
Cathédrale de Strasbourg, portail du transept sud
Vers 1230
Grès rose
195 et 193,5 cm
Un atelier extraordinairement novateur conçoit, entre 1225 et
1235, les parties supérieures du croisillon sud et le Pilier
des Anges, puis les tympans des deux portails sud et le couple de l'Eglise
et de la Synagogue placé de part et d'autre de ces portails.
Ces deux figures de femmes, allégories des religions chrétienne
et judaïque, comptent parmi les plus célèbres chefs-d’œuvre
de l'art occidental du Moyen Age.
La Synagogue vaincue et l’Eglise triomphante appartiennent à une
symbolique traditionnelle dont les représentations se multiplient à partir
du milieu du XIIIe siècle. A gauche, l'Eglise victorieuse et
couronnée, tenant dans ses mains le calice et la bannière
que surmonte la croix, considère avec assurance la Synagogue.
Celle-ci, qui tient une lance brisée, détourne sa tête
aux yeux bandés, expression de son refus de reconnaître
dans le Christ le Messie attendu. Elle paraît laisser tomber
les tables de la Loi, symbole de l’Ancien Testament dépassé.
Ces sculptures encadraient à l’origine une figure du roi
Salomon placé entre les deux portails, assis sur un trône
et tenant une épée, figure aujourd’hui disparue.
Ces figures élancées sont empreintes d'une très
grande humanité. Toutes deux caractérisent la brève
période de raffinement qui marque la fin du règne des
Hohenstaufen. La finesse des drapés fluides, qui laissent percevoir
la densité des corps, ainsi que les poses majestueuses, renvoient également à la
statuaire de l'Antiquité, qui bénéficie au début
du XIIIe siècle d'un regain d'intérêt désigné sous
le nom de "Renaissance antique".
La proximité stylistique de ces sculptures avec la statuaire
de la cathédrale de Chartres a été soulignée,
mais des rapprochements ont également été établis
avec la statuaire bourguignonne et celle de la cathédrale de
Sens. Selon certains spécialistes, les sculpteurs partis de
Sens auraient gagné Chartres, puis la Bourgogne avant de rejoindre
Strasbourg, alors que d'autres concluent plutôt à la simultanéité de
ces chantiers. On a également souligné l'expressivité dramatique
de ces deux figures, qui relèverait à la fois des grands
courants français et germaniques.
Ces statues ont été déposées au musée
au début du siècle pour les protéger de la pollution
et des intempéries, et ont été remplacées
sur l’édifice par des copies. |
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Apôtre
Cathédrale de Strasbourg, ancien jubé
Vers 1250
Grès136 x 49 x 30 cm
Cette figure appartient à un ensemble de huit apôtres
réalisé par un nouvel atelier présent sur le
chantier de la cathédrale de Strasbourg peu après le
milieu du XIIIe siècle. Le groupe sculpté était
placé dans l’ancien jubé de la cathédrale, édifié sous
la première travée est de la nef. Malgré la
démolition du jubé en 1681 après la réintroduction
du culte catholique qui imposait de nouveaux usages liturgiques,
une grande partie des sculptures furent conservées. Deux des
travées ont été reconstituées par le
conservateur Hans Haug dans la grande salle du musée, afin
d’y insérer les sculptures originales subsistantes.
L’ensemble des Apôtres entourait initialement une Vierge
au rosier qui, disparue depuis 1682, a été identifiée
depuis avec une Vierge conservée au musée des Cloisters
de New York.
Ces sculptures témoignent d’une proximité stylistique
avec la statuaire de la cathédrale de Reims, dont la façade
constituait le plus grand chantier de l’époque, ainsi
qu’avec les apôtres de la Sainte-Chapelle de Paris. |
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Le Tentateur
Cathédrale de Strasbourg, portail sud de la façade
occidentale
Vers 1280-1300
Grès, traces de polychromie
170 x 44 x 35 cm
Cette sculpture provient du portail droit de la façade occidentale
de la cathédrale, qui illustre la parabole des Vierges sages
accueillies par le divin Epoux et des Vierges folles séduites
par le Tentateur. Ce récit précède celui du
Jugement Dernier dans l’Evangile selon saint Matthieu. Les
Vierges sages, jeunes filles souriantes et familières, tiennent
leur lampe à huile droite, alors que les Vierges folles la
renversent symboliquement. Le Tentateur, élégant jeune
homme habillé à la mode du temps, présente la
pomme avec assurance, mais masque mal son dos envahi de crapauds,
lézards et serpents. Ce thème, connu depuis le XIIe
siècle, n'avait auparavant fait l'objet que de figurations
dans la miniature ou la sculpture de petite dimension. Très
en faveur dans l'Empire Germanique, il se retrouve également à la
même époque dans les cathédrales de Magdebourg,
puis de Fribourg en Brisgau et de Bâle. |
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Le Christ et saint Jean
Rhin supérieur (Colmar ?)
Vers 1430
Bois polychromé
68 x 50 x 23 cm
Ce groupe sculpté provient du couvent des Catherinettes de
Colmar. Extraite de la Cène telle que la décrit saint
Jean dans ses Evangiles (Jean, 13, 23-25), cette scène représente
le Christ et l’évangéliste assis côte à côte,
le premier entourant d’un geste protecteur le second, assoupi.
Aux pieds du Christ se trouve la figure de la donatrice, une religieuse,
en prière. Cette image de dévotion, symbole de l’abandon
dévot dans l’amour du Christ, connut dès le début
du XIVe siècle un succès particulier dans les foyers
mystiques du sud-ouest de l’Allemagne, et surtout dans les
couvents rhénans de dominicaines, comme c’est le cas
ici. Support de l’expérience mystique individuelle,
elle permettait aux religieuses de s’identifier à saint
Jean. Avec lui en effet, elles prenaient place sur le cœur de
Jésus. La délicatesse des formes, les drapés
onctueux qui lient les deux personnages accentuent le caractère
intime de la scène et rattachent cette œuvre aux créations
rhénanes des alentours de 1400. |
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Groupe au pied de la Croix : les saintes Femmes et
saint Jean
Strasbourg (?)
Vers 1460-1470
Marbre
43 x 21,5 x 20,5 cm
Cet ensemble, ainsi qu’un Groupe de soldats conservé au
musée, se rapporte à une crucifixion en marbre initialement
polychrome. La Vierge au premier plan est soutenue à sa droite
par Madeleine. Saint Jean, à sa gauche, porte un livre dans
sa main. Derrière lui, une femme vêtue d’une coiffe
en forme de bonnet d’âne, tient le bord de son voile
contre son visage en pleurs. A côté d’elle, deux
autres saintes femmes, l’une vieille et ridée, l’autre
jeune, coiffée d’un grand turban.
L’ensemble témoigne d’un intérêt
certain pour les physionomies et les costumes caractérisant
socialement les acteurs de la scène ainsi que pour le rendu
des matières. L’attention est portée sur les
gestes, l’expression des visages et l’habillement qui
distingue chacun des personnages jusque dans le détail. La
grâce un peu affectée des femmes s’oppose à la
rudesse des personnages des soldats. La proximité avec plusieurs
autres sculptures et dessins du Rhin supérieur permet en revanche
d’attester l’origine locale du sculpteur. |
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Vierge à l'Enfant
Rhin supérieur (Strasbourg ?)
Milieu du XVe siècle
Bois polychromé
68 x 50 x 16 cm
Provient du Château épiscopal de Mutzig (Bas-Rhin)
Cette très belle Vierge à l’Enfant garde le charme
des madones du début du XVe siècle, mais porte par
sa présence assurée, son expression intériorisée
et son drapé au traitement cassé, la marque d’une évolution
certaine. Son type féminin, apparenté à la sculpture
lorraine, aura un écho tardif dans l’art strasbourgeois
du temps de Nicolas de Leyde.
La figure forme un bloc compact animé en surface seulement
par les ondulations décoratives de la chevelure étalée
sur les épaules, et par les plis froissés ou tubulaires
des vêtements qui restent près du corps. Même
l’Enfant, malgré sa posture agitée, est inscrit
dans le volume général. Il y a une préciosité certaine
dans la façon dont il tient la cordelière (disparue)
du manteau de sa Mère et dont il lève haut la jambe
gauche. Il en est de même dans la facture des mains de la Vierge
aux longs doigts qui s’enfoncent légèrement dans
les chairs tendres enfantines. Le modelé du corps nu et des
visages montre une extrême sensibilité et une remarquable
attention portée aux détails physiques. La grande beauté de
cette Vierge à l’Enfant et l’excellence de son
traitement sont encore soulignées par le raffinement de la
polychromie. |
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Nativité du
Christ
Ancien maître autel de la Chartreuse de Strasbourg
Vers 1470-1475
Noyer polychrome
58,5 x 69,5 x 17 cm
Ce relief sculpté, comme deux autres présentés
au musée représentant l’Adoration des Mages
et la Circoncision, faisait autrefois partie d’un retable situé dans
l’église de l’ancienne Chartreuse de Strasbourg.
Placés de part et d’autre d’une statue de la Vierge à l’Enfant dans la partie centrale du retable du maître-autel, ces groupes
sculptés aux compositions resserrées étaient
complétés par une Annonciation aujourd’hui disparue.
Après leur expulsion et la démolition de leur couvent
en 1591, les chartreux installèrent le retable dans l’église
de leur nouvel établissement de Molsheim, jusqu’en 1673
où il céda la place à un autel baroque.
Ces panneaux manifestent une influence flamande prépondérante
en Alsace au cours de la seconde moitié du XVe siècle.
Leur disposition à l’intérieur du retable renvoie à l’organisation
des retables des Pays-Bas, et c’est également dans la
peinture de ces régions qu’il faut chercher les sources
iconographiques des différentes scènes. L'attention
portée aux gestes, aux costumes et aux particularités
des visages est éloignée de l'art soucieux d'intériorisation
que produira la sculpture à la fin du siècle. |
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Buste
d'homme accoudé de
Nicolas de Leyde
Nicolas de Leyde
Strasbourg
Avant 1467
Grès rose
44 x 32 x 31 cm
Cet extraordinaire Buste d’homme accoudé, chef-d’œuvre
de la sculpture gothique, est attribué à une brillante
figure, Nicolas Gerhaert de Leyde, qui domine à la fin du
XVe siècle l’école des sculpteurs strasbourgeois.
D’origine vraisemblablement néerlandaise, cet artiste
semble s’être formé dans les territoires du duché de
Bourgogne, au contact de l’art burgondo-flamand. Il est tenu
pour l’un des artistes les plus importants de la fin du Moyen Âge
septentrional et détermine un tournant décisif dans
l’évolution de la sculpture germanique sur le plan formel
et iconographique.
Le personnage est présenté plongé dans ses pensées.
La position de ses bras repliés l’un sur l’autre
et de sa tête inclinée crée une sorte de spirale
qui suggère le retrait sur soi dans une intense méditation.
On a parfois voulu voir dans cette sculpture un autoportrait de l’artiste,
image saturnienne enfermée dans une profonde mélancolie.
L’observation minutieuse et sensible de la réalité,
poussée jusqu’à ses plus extrêmes limites,
parvient à saisir avec une acuité inégalée
la vie intérieure du modèle.
Ce motif du "buste accoudé", représentation
d'un personnage en fort relief appuyé à un élément
d'architecture, connaîtra à sa suite une très
grande faveur dans tout le sud de l'Empire. Mais les successeurs
de Nicolas de Leyde à Strasbourg se limiteront à un
rendu naturaliste des physionomies, sans parvenir à une telle
maîtrise dans la finesse de l’analyse psychologique. |
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Tête
d'homme au turban
Nicolas de Leyde
Provenant du portail de l'ancienne Chancellerie de Strasbourg
1463-1464
Grès rose avec traces de polychromie
26 x 23,5 x 22,5 cm
Cette Tête d’homme barbu au turban et son pendant, une
Tête de femme conservée au musée Liebighaus de
Francfort, sont les vestiges du décor du portail de l’ancienne
Chancellerie de Strasbourg commencé en 1463. Situé sur
un côté de l'actuelle Place Gutenberg, ce bâtiment
fut endommagé par un incendie en 1686 et son portail fut démoli
sans doute au moment de la Révolution lorsque le bâtiment
fut mis en vente. Les restes sculptés furent transférés à l’église
du Temple Neuf dans les collections lapidaires de la Ville. L’ensemble
brûla dans un incendie en 1870.
Seules les têtes, restes des deux bustes accoudés longtemps
faussement identifiés comme le bailli Jacques de Lichtenberg
et sa maîtresse la belle Bärbel d'Ottenheim, subsistent
actuellement.
Le type du vieillard barbu et ridé, aux traits accusés,
répandu dans la sculpture depuis la fin du XIVe siècle,
est transcrit de manière inédite par Nicolas de Leyde.
Le sculpteur dépasse ici la simple imitation de la réalité et
cherche à saisir les finesses de la psychologie de son personnage.
Au traitement incisif des détails de l’épiderme
se joint une traduction très fine de l’expression attentive
du visage. |
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Buste
d'homme accoudé (1)
Nicolas de Haguenau
Ancien retable du maître-autel de la cathédrale de Strasbourg
(?)
Vers 1500
Tilleul polychrome
32 x 35 x 26 cm
Dépôt des Hospices civils de Strasbourg
Ce buste d’homme, provenant du maître-autel de la cathédrale
de Strasbourg, est issu, ainsi que son pendant, du grand atelier
de Nicolas de Haguenau. Il reprend la formule du «buste accoudé» inaugurée
par Nicolas de Leyde mais n’égale pas la force d’expression
observée dans les œuvres du grand sculpteur.
Alors que les paupières baissées et l’attitude
de l’Homme accoudé sculpté par Nicolas de Leyde donnent l’impression d’une intense méditation,
on peut penser ici à un individu frappé de cécité plutôt
qu’absorbé dans ses pensées. L’artiste
montre bien plus de curiosité pour une humanité étrange
observée sans concession, que pour une recherche psychologique.
C’est bien le visage qui captive Nicolas de Haguenau, plus
que le mouvement interne de l’être. Les sourcils proéminents
de l’homme au chaperon, son nez plongeant scandé par
de profondes rides, sa bouche étirée en largeur et
les fanons qui se tendent sous la peau flasque du cou composent une
physionomie rude et singulière qui rappelle les visages du
Saint Jérôme et d’un Porteur d’offrande du retable d’Issenheim. |
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Buste
d'homme accoudé (2)
Nicolas de Haguenau
Ancien retable du maître-autel de la cathédrale de Strasbourg
(?)
Vers 1500
Tilleul polychrome
33 x 40,5 x 24,5 cm
Dépôt des Hospices civils de Strasbourg
Ce buste d’homme accoudé, fortement surpeint, et son
pendant proviennent du retable du maître-autel de la cathédrale
de Strasbourg et sont dus à Nicolas de Haguenau, actif au
tournant du XVe siècle. Dans la lignée de Nicolas de
Leyde, les œuvres de ce maître ont su atteindre une réelle
puissance expressive dans la formulation des figures sculptées.
Le prophète ou donateur retient de la main droite un pan de
son manteau, et tenait sans doute de l’autre un objet (une
charte ou un parchemin roulé) disparu. Le mouvement des bras
confère à ce buste un caractère plus dynamique
qu’à son pendant et le rapproche davantage des œuvres
de Nicolas de Leyde, en particulier du buste de l’ancienne
Chancellerie (1463).
Toutefois, les successeurs de Nicolas de Leyde n’ont retenu
que le caractère anecdotique, voire caricaturale, des figures
accoudées. Ils se limitent le plus souvent à un rendu
naturaliste des physionomies et à une expressivité immédiate,
sans parvenir à son extraordinaire maîtrise psychologique. |
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Le Roi Mage Melchior
Johan von Ach (Jean d'Aix)
Strasbourg, portail Saint-Laurent de la cathédrale
Vers 1502-1503
Grès rose
144 x 50 x 40 cm
Cette figure appartient au programme sculpté du portail de
la chapelle Saint-Laurent, édifié par l’architecte
Jacques de Landshut contre la façade nord du transept de la
cathédrale. Celui-ci fit appel au sculpteur Johan von Ach
présent à Strasbourg depuis au moins 1493 et formé dans
la région pour réaliser deux bustes accoudés
placés sous le baldaquin et deux ensembles de cinq sculptures
monumentales flanquant le portail. Le groupe de gauche figure une
Adoration des Mages, celui de droite plusieurs saints avec leurs
attributs, les grandes figures de la Vierge et de saint Laurent étant
placées entre le portail et les contreforts abritant les autres
sculptures.
Cet ensemble se caractérise par des draperies volumineuses
qui masquent des corps trapus parfois curieusement contorsionnés.
Mais l'intérêt porté aux physionomies et aux
costumes allié à une grande précision dans le
travail de l'épiderme font de ces sculptures l'un des ensembles
marquants du tout début du XVIe siècle strasbourgeois.
L'ensemble des sculptures du portail Saint-Laurent a fait l'objet
d'une campagne de restauration qui s'est achevée en 2001. |
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| PEINTURE |
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La
Nativité de la Vierge
Maître strasbourgeois
Vers 1410-1420
Huile sur panneau de sapin
115 x 114 cm
Provient de l'hospice Saint-Marc de Strasbourg
Dépôt des Hospices civils de Strasbourg depuis 1936
Les panneaux de La Nativité de la Vierge et du Doute de
saint Joseph, peints par un maître anonyme au tout début du
XVe siècle, proviennent de l'ancien couvent de Saint-Marc
de Strasbourg. Ils ont probablement fait partie d’un grand
retable consacré à la Vierge aujourd’hui disparu.
Le panneau de La Nativité de la Vierge présente à droite
la chambre de sainte Anne, qui se lave les mains dans un bassin doré tandis
qu’une servante lui verse l’eau d’une aiguière.
Au premier plan, une jeune fille tient la Vierge enfant en tunique
blanche debout sur ses genoux. Une femme plus âgée,
assise de profil à terre, distrait l’enfant. Une troisième
jeune fille dans l’encadrement d’une porte apporte une écuelle
couverte. A gauche, dans un vestibule étroit, Joachim l’époux
de sainte Anne et un jeune homme conversent; un domestique portant
une amphore s’engage dans l’escalier.
L’œuvre témoigne de l'importance des influences
italiennes parmi les composantes du style international. Il présente
en effet des analogies de composition avec une fresque du siennois
Bartolo di Fredi à San Gimignano, qui reproduit elle-même
une fresque disparue réalisée par Ambrogio Lorenzetti
en 1335 à l'hôpital de Sienne. Cette composition se
caractérise par un découpage en deux parties inégales
permettant la représentation simultanée de deux scènes
contemporaines, la Naissance de la Vierge et l'Annonce à Joachim,
ainsi que par une disposition identique des personnages dans la première
scène. Elle a peut-être été transmise à Strasbourg
par l'intermédiaire d'un peintre strasbourgeois qui œuvrait
en Avignon au début du XVe siècle au contact de nombreux
artistes siennois. Mais l’acclimatation de cette scène
dans le milieu strasbourgeois a apporté des modifications:
sainte Anne ici n’est pas allongée sur son lit d’accouchée
et la Vierge est déjà un petit enfant et non un nourrisson.
Il s’agit plutôt d’une figuration de l’Education
de la Vierge que d’une Nativité à proprement
parler. |
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Le Doute de saint Joseph
Maître strasbourgeois
Vers 1410-1420
Huile sur panneau de sapin
114 x 114 cm
Provient de l'hospice Saint-Marc de Strasbourg
Dépôt des Hospices civils de Strasbourg depuis 1936
Tirée des évangiles apocryphes, cette scène
représente Joseph, au moment où, saisi de doute à la
vue de Marie enceinte, il s’apprête à quitter
sa demeure. Il est retenu par un ange qui, désignant de son
index le ventre rond de la Vierge, l’instruit du Mystère.
Ce panneau, ainsi que son pendant La Nativité de la Vierge,
ont été réalisés vers 1410-20 par un
maître strasbourgeois resté anonyme. Ils proviennent
de l’ancien couvent de saint Marc. Ces deux huiles sur panneaux,
les plus anciens témoins connus de cette technique en Alsace,
ont probablement fait partie d’un grand retable dédié à la
Vierge et aujourd’hui perdu.
Les deux panneaux de l'hospice Saint-Marc attestent le développement à Strasbourg
du style gothique dit "international", qui caractérise
la production picturale au nord des Alpes entre 1390 et 1420. Le
goût du raffinement, ainsi qu'une prédilection affirmée
pour les formes gracieuses et décoratives, sont des constantes
de cet art appelé également "style adouci" ou
Weichen Stil. Mais le panneau du Doute de Joseph, largement inspiré de
l’art réaliste des peintres flamands, reflète
remarquablement l’inflexion poétique et plus intime
que prit ce style dans la région rhénane.
Ici, comme dans la Nativité, la composition est divisée
en deux parties inégales par une colonne, qui, dans son prolongement,
sert de cadre à la scène. A gauche, Marie, plongée
dans ses pensées, prépare la laine nécessaire à son
ouvrage. A droite, Joseph, séparé d’elle par
son établi couvert d’outils, s’apprête à quitter
la maison mais un ange tenant un phylactère le retient. L’espace
représenté est celui d’un intérieur bourgeois
de l’époque. Mais la multitude d’objets quotidiens
présents dans la pièce a ici valeur de symbole: la
fontaine fermée, le petit arbuste dans son pot crénelé sont
des symboles de la Virginité de Marie, les livres sont une
allusion à la parole des Prophètes annonçant
l’Incarnation. |
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Sainte-Madeleine et Sainte-Catherine
Conrad Witz (vers 1400-1447)
Bâle
Vers 1440
Huile sur panneau de sapin
161 x 130 cm
Conrad Witz, peintre bâlois d'origine souabe, est l’une
des figures majeures de l’art du XVe siècle au nord
des Alpes. Décrit parfois comme le plus puissant créateur
de la peinture allemande avant Dürer, il est le premier artiste
haut-rhénan dont nous saisissons l'œuvre et la personnalité.
Le panneau Sainte Madeleine et Sainte Catherine, sans doute fragment
d'un retable, est une œuvre de sa période de maturité.
L’artiste y manifeste un intérêt très neuf
pour l'organisation d'un espace réaliste et le rendu de la
monumentalité des volumes et des corps.
Les deux saintes sont assises sur un dallage gris dans la galerie
d’un cloître ou un bas-côté d’église.
A gauche se trouve une sorte de chapelle abritant un autel. Celui-ci
est surmonté d’un candélabre doré et d’un
retable figurant un Christ en croix entre la Vierge et saint Jean.
Les deux saintes sont richement vêtues et leurs robes, bordées
de fourrures et brodées d’or et de perles, occupent
tout le bas du panneau. Largement étalées, elles sont
animées par un étonnant système de plis cassés
en étoile qui semble indépendant du corps des deux
femmes. Près de sainte Catherine, la roue, symbole de son
martyre, est figurée avec ses reflets et son ombre portée.
Sainte Madeleine à gauche présente le vase de parfum
qui lui sert d’attribut. Les noms des saintes sont inscrits
dans leurs nimbes dorés.
L'espace est ici construit et cohérent, la perspective assurée
et l'air semble circuler autour de personnages conçus comme
des formes en trois dimensions. Mais ceux-ci restent néanmoins
raides et peu expressifs.
Par la porte ouverte au fond du cloître, on découvre
l'éventaire d'un artiste (peut-être Witz lui-même)
sur lequel sont exposés des panneaux peints et des sculptures
polychromées. On peut aussi remarquer la notation des reflets
dans la flaque d’eau et le rendu des ombres des personnages
qui renforcent encore l'illusion de la réalité. |
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Sainte-Ursule et ses compagne dans une nef
Rhin supérieur (Colmar ?)
Vers 1450
Huile sur panneau de bois
68,8 x 57,2 cm
Acquis en 2001 avec l'aide du Fonds Régional d'Acquisition
des Musées |
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Archers
décochant leurs flèches
Rhin supérieur (Colmar ?)
Vers 1450
Huile sur panneau de bois
68,8 x 57,2 cm
Acquis en 2001 avec l'aide du Fonds Régional d'Acquisition
des Musées
Ces
deux panneaux peints proviennent d’un même retable,
réalisé vraisemblablement pour le couvent des dominicaines
d’Unterlinden de Colmar. Ils évoquent la légende
de sainte Ursule, fille d’un roi chrétien, promise en
mariage à un prince païen. Elle pose comme condition
que son fiancé se fasse baptiser et l'accompagne dans un pélerinnage à Rome.
Elle demande également qu'on lui donne dix vierges «très
distinguées» pour la consoler, et mille vierges à chacune
de celles-ci. De plus, Ursule aura trois ans pour réfléchir.
Accompagnée d’évêques, la foule s’embarque
dans une expédition qui la mène jusqu'à Rome.
Le voyage du retour se termine tragiquement sous les murs de Cologne.
L’un des panneaux figure le voyage de sainte Ursule et de onze
jeunes filles nobles le long du Rhin dans une barque conduite par
des anges. L’autre représente l’attaque de leur
convoi par les Huns sous les murs de Cologne: «Quand ces barbares
les virent, ils se jetèrent sur elles en poussant des cris
affreux et comme des loups qui se jettent sur des brebis, ils massacrèrent
toute la multitude» (J. de Voragine, La Légende dorée,
1483).
L’auteur de ces panneaux, un maître œuvrant en Alsace
vers 1440-1450, est marqué par l’influence de l’éminent
artiste colonais Stephan Lochner. Cette dépendance se manifeste
par l’emprunt de motifs particuliers et de schémas de
composition, mais également par l’inscription d’un
tel ensemble dans la lignée des grands cycles de sainte Ursule
traités à Cologne au milieu du XVe siècle. Les
panneaux alsaciens manifestent toutefois un certain archaïsme. |
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Les
amants trépassés
Souabe
Vers 1470
Huile sur panneau de sapin
62,5 x 40 cm
Le panneau figurant le couple des Amants trépassés appartenait auparavant à un double portrait macabre dont il
constituait le revers. L’avers, un Couple d'amoureux, est aujourd’hui
conservé au Musée de Cleveland (Etats-Unis). La mise
en regard des deux peintures fonctionne comme une méditation
sur la vanité des choses terrestres et la fragilité de
l’existence. Ce type de tableau, dont la formule est apparue
au milieu du XVe siècle, se rattache à des pratiques
de dévotion privée.
Le réalisme brutal de la scène et la paradoxale robustesse
des corps décharnés et rongés par la vermine
est une allusion dramatique à la fugacité de la jeunesse,
de la beauté et de l'amour. Cette œuvre s'inscrit dans
la tradition germanique de la représentation de la mort et
semble s'inspirer d'une pointe-sèche de l'un des grands maîtres
anonymes de la gravure allemande de la deuxième moitié du
XVe siècle, le Maître du Livre de Raison, représentant
Le Jeune homme et la mort. Un temps attribué à tort
au jeune Mathias Grünewald, ce panneau a été depuis
donné avec vraisemblance à un maître d'Ulm en
Souabe dans le sud de l'Empire Germanique. |
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Portrait du chanoine Ambrosius Volmar Keller
Hans Baldung Grien
Strasbourg 1538
Huile sur panneau de tilleul
98 x 72 cm
Profondément marqué par l'humanisme, Baldung Grien
(1484/85-1545) s'attache à la représentation de sujets
profanes et en particulier à l'art très récent
du portrait. Il nous a transmis avec une rare acuité les visages
de princes, théologiens, médecins ou musiciens qui
furent ses contemporains et souvent ses amis.
Le Portrait d'Ambrosius Volmar Keller, chanoine de l'église
Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg à partir de 1537, est
entré au musée en 1890 par don de l'Empereur Guillaume
II.
Ce personnage de belle prestance est représenté de
trois quarts, drapé dans un ample manteau rouge. Il tient
un livre fermé sur la tranche duquel est inscrit son nom.
Derrière lui à gauche, un cep de vigne s’élève
le long d’une tenture. Celle-ci ménage à droite
une ouverture vers un paysage tourmenté où l’on
aperçoit des ruines de châteaux forts. Il s’agit
ici du premier portrait dans lequel Baldung accorde une place si
importante au paysage. Dans le coin inférieur gauche du panneau
figure la date de sa réalisation, 1538, ainsi que le monogramme
de l’artiste HB.
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Vierge à la
treille
Hans Baldung Grien (1484/85 - 1545)
Strasbourg
Vers 1541-1543
Huile sur panneau de tilleul
59 x 44 cm
Hans Baldung Grien est l'un des artistes les plus représentatifs
et les plus originaux des débuts de la Renaissance dans la
région du Rhin supérieur. Ce peintre et graveur de
grande notoriété, né en Souabe en 1484/85 mais élevé à Strasbourg,
commence son apprentissage dans cette ville et le poursuit dans l’atelier
de Dürer à Nüremberg (1503-1507). Il se réinstalle
ensuite définitivement à Strasbourg, qu’il ne
quitte que de 1512 à 1517 pour exécuter le retable
du maître-autel de la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau.
Hans Baldung Grien peint des sujets religieux pour des commanditaires
privés, et en particulier des Vierges à l'Enfant qui étonnent
par leur liberté de formulation et leur caractère équivoque.
Cette jolie Vierge au double collier de perles retient d’une
main sa robe de velours d’un rouge subtil sur laquelle s’étale
sa chevelure d’un blond pâle. Elle soutient de l’autre
l’Enfant endormi sur son bras droit, drapé d’un
linge transparent. Un petit ange nu s’approche de l’Enfant
et tente de le réveiller pour lui offrir une grappe de raisins,
symbole du sacrifice. Cinq autres angelots joueurs, très caractéristiques
de l’art de Baldung, s’ébattent à l’arrière-plan
dans une treille de vigne. Le groupe du premier plan, aux carnations
presque cireuses, se détache sur le fond sombre, donnant à l’ensemble
du tableau une préciosité presque irréelle.
Cette œuvre manifeste une tendance au maniérisme sensible
dans la deuxième partie de la carrière de l’artiste,
qui s'exercera en particulier dans le choix de couleurs acidulées,
de compositions théâtralisées ou d’éclairages
fortement contrastés. |
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Grande
Vanité
Sébastien Stoskopff (1597 - 1657)
Strasbourg
1641
Huile sur toile
125 x 165 cm
Réalisée en 1641, la Grande Vanité de Sébastien
Stoskopff marque le retour du peintre à Strasbourg après
un séjour parisien d’une vingtaine d’années.
La peinture de 1641 illustre sa maîtrise d’un genre particulièrement
apprécié au XVIIe siècle, la vanité,
nature morte allégorique qui exprime la précarité des
choses de ce monde et invite à une attitude de méditation.
La composition rigoureuse du tableau est centrée autour du
crâne qui apparaît comme un pivot structurel autant que
symbolique. Toutes les activités humaines sont évoquées:
l’art par la présence du luth et de la partition, des
livres et de la gravure, la richesse par les coupes d’orfèvrerie
ou encore le pouvoir par l’armure. L’accumulation de
ces objets ne souligne en effet que plus brutalement la fragilité humaine
face au temps qui passe (sablier à l’arrière-plan)
et à la mort. Le quatrain en allemand présenté au
premier plan explicite par ailleurs directement l’intention
du peintre.
"
Kunst, Reichtum, Macht und Kühnheit stirbet
Die Welt und all ihr thun verdirbet
Ein Ewiges kommt nach diser Zeit
Ihr Thoren, flieht die Eitelkeit "
" Art, richesse, puissance et bravoure meurent
Du monde et de ses œuvres rien ne demeure
Après ce temps viendra l’Eternité
Ô
fous ! Fuyez la vanité ! " |
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Corbeille de verres
Sébastien Stoskopff
Strasbourg
1644
Huile sur toile
52 x 63 cm
Les Corbeilles de verres font partie des sujets de prédilection
de la période strasbourgeoise de Sébastien Stoskopff,
qui se réinstalle dans la ville en 1640 ou 1641. L’œuvre
illustre aussi l’aboutissement de son travail sur le rendu
des reflets et des transparences. Il s’agit d’un motif
déjà figuré au début du XVIIe siècle
par des peintres comme Georg Flegel, mais que Stoskopff est le premier à isoler
pour en faire le thème principal de plusieurs de ses tableaux.
La corbeille, à la fois monumentale et diaphane, regroupe
des verres précieux et des pièces d’orfèvrerie.
L’ensemble, d’une monochromie dorée, se détache
sur un fond très sombre, presque opaque. La touche est d’une
virtuosité étonnante, à la fois précise
et très libre, et certaines formes ne sont évoquées
que par l’éclat lumineux qu’elles renvoient. Au
premier plan, les débris de verres évoquent comme dans
les poèmes de la même époque la fragilité de
la vie humaine. |
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| VITRAUX |
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Tête d'homme dite "Christ
de Wissembourg"
Ancienne abbatiale de Wissembourg (?), Bas-Rhin
Vers 1060 ?
Vitrail
Diamètre 25 cm
La célèbre tête de Wissembourg est le plus ancien
vitrail figuré conservé en France. Fragment probable
d’une figure du Christ en pied ou en buste, ce vitrail est
réputé provenir de l’abbatiale bénédictine
de Wissembourg au nord de l’Alsace, reconstruite à partir
de 1040 et embellie après 1056. Cette origine n’est
toutefois pas attestée.
La tête strasbourgeoise, complétée de pièces
colorées modernes vers 1950, a été peinte selon
la technique décrite vers 1100 par le moine Théophile
dans son traité concernant la peinture sur verre. La grisaille
est appliquée en trois couches d’intensité différente,
l’une très claire par endroits, l’autre moins
diluée pour les ombres et la troisième très
sombre pour les traits. La stricte frontalité du visage et
la stylisation des formes donnent au personnage une grande force
d’expression primitive. |
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La
Visitation
Cathédrale de Strasbourg,
Chapelle Saint-Jean (?)
3e quart du XIIe siècle
Vitrail; 52 x 48 cm chaque panneau
Provenant peut-être de la chapelle Saint-Jean de la cathédrale,
les deux bustes de la Vierge et de sainte Elisabeth constituent les
panneaux supérieurs d’une Visitation.
Sur le panneau de gauche, la Vierge à la tête voilée
ouvre ses deux mains pour exprimer la salutation. Face à elle,
sa cousine Elisabeth, la main droite maintenant son manteau, fait
un geste d’accueil vers sa visiteuse. Les inscriptions dans
les cintres désignent la mère de Jésus-Christ
et celle de Jean-Baptiste. La partie inférieure de l’une
et de l’autre figure manque.
Ces vitraux témoignent d’un art raffiné qui s’exprime
en particulier dans la peinture des auréoles des deux femmes
aux fins motifs de rinceaux enlevés dans la grisaille. |
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Empereur
en majesté
Cathédrale de Strasbourg
Dernier quart du XIIe siècle
Vitrail
208 x 100 cm
La suite des souverains du Saint-Empire, mise en place après
1176 et jusque vers 1200 dans la cathédrale, est le seul ensemble
roman alsacien important qui nous soit parvenu. L'Empereur, longtemps
considéré comme une représentation de Charlemagne,
est le seul de cette série à être déposé au
musée. Son emplacement primitif n'est pas connu. Des hypothèses
le situe soit au centre de la façade ouest, soit dans l'axe
du choeur oriental de la cathédrale romane.
Figuré sur un trône, le souverain nimbé porte
les insignes du pouvoir impérial: sceptre fleuronné,
globe avec une croix inscrite à l’intérieur et
couronne fermée. La fixité et la frontalité du
souverain confèrent au vitrail une solennité trahissant
l’influence de l’art byzantin. La richesse de l’ornementation
notamment des vêtements se rapproche davantage de l’orfèvrerie
mosane. La tradition identifie ce souverain comme Charlemagne, mais à défaut
d’inscription on ignore encore s’il s’agit d’Henri
II ou de Charlemagne, tous deux canonisés au XIIe siècle,
ou d’un symbole du souverain chrétien.
Par sa monumentalité et la qualité de sa réalisation,
cette œuvre illustre la place prépondérante qu’occupait
Strasbourg dans l’art du vitrail dès le XIIe siècle |
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Grande
verrière avec Calvaire, Saint-Pierre, Saint-Maurice
et la Vierge à l'Enfant
Ancienne église Saint-Maurice de Mutzig, Bas-Rhin
Vers 1300-1310
Vitrail
390 x 170 cm
La verrière du chœur de l'ancienne église Saint-Maurice
de Mutzig démolie en 1879 marque l'apparition d'un type nouveau
de composition. Datée vers 1300-1310, elle est structurée
de manière tout à fait neuve par de grandes compositions
architectoniques dans lesquelles la surface réservée
aux figures diminue considérablement. Les trois personnages
du Calvaire, le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, s’intègrent
dans une grande architecture peinte formant triptyque. Ils occupent,
avec les figures des saints patrons, deux registres au sein de trois
tourelles surmontées de gâbles, sur fond de mosaïques
rouges et bleues. Sous les arcs des panneaux inférieurs, prennent
place les figures de saint Pierre et saint Maurice, à cheval
et en armure, ainsi que de la Vierge à l’Enfant. Celle-ci,
venant d’une autre fenêtre de l’édifice,
remplace saint Paul, probable pendant de saint Pierre dans la verrière
d’origine.
Au XIIIe siècle, la diffusion des formes nouvelles apparues
sur les grands chantiers strasbourgeois gagne un certain nombre d'édifices
de la région. Cette formule sera reprise dans l'ensemble du
Rhin Supérieur et jusque dans la région de Constance,
au Pays de Bade et en Souabe. |
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Saint-Jean au Calvaire
Strasbourg
Eglise Saint-Pierre-le-Vieux
1er quart du XVe siècle
Vitrail
207 x 64 cm
Intégré dans une lancette en plein-cintre, le vitrail
de saint Jean l’Evangéliste au Calvaire appartient à un
ensemble daté du premier quart du XVe siècle. Il provient
de l’église Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg et prenait
place au bas de la verrière d’abside.
Le saint, au pied de la croix, est représenté debout,
les mains jointes, regardant vers le haut. La figure se détache
sur une mosaïque de fond à résille oblique, bordée
de feuilles de chou. Saint Jean complétait l’iconographie
de la crucifixion. Son pendant, la Vierge, manque aujourd’hui.
Après la démolition du chœur de l’église
en 1866, les vitraux encore intacts ont été offerts
en 1884 à la Société pour la Conservation des
Monuments Historiques d’Alsace, qui les déposa par la
suite au musée. |
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| DESSIN D'ARCHITECTURE |
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Dessin
de la partie centrale de la façade de la cathédrale
de Strasbourg jusqu'au beffroi (détail)
Cathédrale de Strasbourg, façade occidentale (détail)
Vers 1360-1370
Encre noire sur parchemin, lavis, peinture à l'eau
410 x 82,5 cm
Une vingtaine de plans et projets des maîtres d'œuvre
de la cathédrale sont conservés, nous permettant de
suivre la genèse du monument. Ces documents révèlent à quel
point ce chantier a permis la rencontre des conceptions venues de
France, d'Italie ou du sud de l'Empire. Du fait de leur extrême
fragilité, ils ne sont actuellement plus présentés
au public.
Le dessin de la partie centrale de la façade jusqu'au beffroi
est par sa dimension (410 cm de haut) et l'utilisation de la couleur,
l'un des plus spectaculaires dessins d'architecture du Moyen Age.
Il est le premier de ceux réalisés au nord des Alpes à présenter
un programme sculpté complet et rehaussé au lavis.
Plusieurs feuilles de parchemin ont été utilisées
pour sa réalisation. Peu maniable, un tel dessin avait certainement
avant tout une fonction de représentation à l'intention
des commanditaires. |
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| TAPISSERIES |
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Tenture
avec la légende de Sainte-Attale
Strasbourg
Vers 1450 et vers 1470-1480
Tapisserie de haute lisse
90 x 425 cm en deux parties
Provient de l'abbaye Saint-Etienne de Strasbourg
Dépôts du collège Saint-Etienne de Stasbourg |
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Tenture
avec la légende de sainte
Odile
Strasbourg
Vers 1470-1480
Tapisserie de haute lisse
90 x 451 cm en deux parties
Provient de l'abbaye Saint-Etienne de Strasbourg
Dépôt du collège Saint-Etienne de Stasbourg
Bâle et Strasbourg ont constitué au XVe siècle
les deux grands centres de production de tapisserie du Rhin Supérieur.
L'art réputé de la tapisserie strasbourgeoise subsiste
en particulier à travers les longues bandes conçues
pour l'ornementation des choeurs, des autels ou des stalles des églises.
Les tentures de choeur, accrochées lors des jours de fête,
relatent généralement l'histoire du saint patron de
l'église. Par leurs dimensions considérables, elles
se prêtent à d’importants développements
narratifs.
Ces deux séries provenant de l'église Saint-Etienne
de Strasbourg, un couvent de chanoinesses nobles, sont consacrées à la
vie de sainte Odile et à celle de sainte Attale, fille du
duc Adalbert, fondateur de cette abbaye au VIIIe siècle. Au-dessus
des scènes qui décrivent les différents épisodes
de la vie des saintes, des phylactères portent des inscriptions
qui en expliquent le sens.
Les deux tentures, chacune d’une seule pièce à l’origine,
ont été séparées en deux par la suite.
La tapisserie de sainte Attale raconte par le texte et par l’image
l’histoire de la fondation du couvent au début du VIIIe
siècle et celle des reliques qu’il possède. Celle
de sainte Odile présente différentes scènes
de sa vie. |
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| ORFEVRERIE |
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Coupe à pied et à couvercle
Pixyde avec poinçon de Strasbourg
2e quart du XIVe siècle
Argent martelé
12,5 x 13,5 cm
L’orfèvrerie strasbourgeoise acquiert une grande renommée à la
fin du Moyen Age. Il semble que l'apposition d'une marque municipale
sur les pièces ait été dès cette époque
une obligation, mais cette pratique qui garantit une juste teneur
en métaux précieux n'entrera réellement en vigueur
qu'au milieu du XVIe siècle.
Elément notable de la collection du musée, un petit
hanap en argent à couvercle crénelé du deuxième
quart du XIVe siècle est la plus ancienne pièce d'orfèvrerie
répertoriée portant le poinçon de Strasbourg.
L’orfèvrerie profane du Moyen Age a en grande partie
disparu dans les fontes successives correspondants à des périodes
d’appauvrissement public. La Réforme et la Révolution
ont par ailleurs causé la disparition de la majeure partie
des pièces sacrées. |
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| MOBILIER |
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Armoire à sept
colonnes torses
Strasbourg
Vers 1700 - 1720
Bois divers
238 x 228 x 80 cm
Chef-d’œuvre baroque, cette grande demi-armoire à deux
portes a été réalisée dans les années
1700-1720. Elle est conçue comme un véritable bâtiment
avec son socle, son corps et son couronnement. Le décor reproduit à échelle
réduite celui des façades de palais Renaissance.
Le socle composé de deux tiroirs aux boutons en fer forgé repose
sur des pieds en oignon. Le corps est orné de sept colonnes
torses, corinthiennes. Sur chaque porte apparaissent deux petites
colonnes torses avec soubassement et fronton ouvert décorés
de corbeilles de fleurs. Entre ces colonnes, une table en relief
est insérée dans un cadre mouluré. Dans la partie
supérieure, une corniche démultipliée et moulurée
couronne l’ensemble. |
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| BATIMENTS |
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Escalier en vis
Architecte Hans Thoman Uhlberger
Vers 1579
Ce remarquable escalier en vis est contemporain de l’aile Renaissance
de l’Œuvre Notre-Dame. Témoignage de la virtuosité de
l’architecte Hans-Thoman Uhlberger, il se caractérise
en particulier par son noyau évidé et ses deux rampes
intérieures animées d’un mouvement hélicoïdal.
Il présente le même curieux mélange de tradition
flamboyante et de goût Renaissance que le reste du bâtiment.
Sous la rampe intérieure et la voûte, les moulures figurent
des branchages noueux dans la tradition gothique tardive.
Certaines colonnes de la rampe sont gravées de signes lapidaires
appelés tâcherons, marques d’identification des
tailleurs de pierre.
Plusieurs autres escaliers en vis à noyau creux de ce type
sont encore conservés dans des édifices strasbourgeois. |
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Salle
de la loge des maçons et tailleurs de pierre de la
cathédrale
Architecte Hans Thoman Uhlberger
1579-1582
Sur la banquette, ensemble de statues du portail Saint-Laurent de
la cathédrale de Strasbourg, 1502-1503, dues au sculpteur
Johan von Ach (Jean d'Aix)
Tout le rez-de-chaussée du bâtiment Renaissance est
occupé par l'ancienne salle de réunion des maçons
et tailleurs de pierre de la cathédrale, dont les murs portent
les restes de peintures murales attribuées à Wendel
Dietterlin et partiellement surpeintes à la fin du XIXe siècle.
Deux colonnes portent cinq compartiments de plafond et une voûte,
rendue nécessaire par la présence au premier étage
du caveau des archives. Ulhberger y a fait figurer sa marque de tâcheron
et celle de l'Œuvre Notre-Dame sur les deux clefs.
Contre les lambris de la salle s'alignent des sculptures provenant
du portail Saint-Laurent, portail nord de la cathédrale de
Strasbourg, érigé entre 1494 et 1505 dans le prolongement
du transept. Ces sculptures ont été enlevées
de leur emplacement originel pour des raisons de conservation et
remplacées sur l’édifice par des copies. |
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Salle
des administrateurs de l'Œuvre Notre-Dame
Architecte Hans Thoman Uhlberger
1582
Au premier plan : table à compter de l'Œuvre Notre-Dame
XVIIe siècle
Noyer, chêne, os
Au fond, cabinet de travail du receveur et chambre forte des archives
La salle des administrateurs de l’Œuvre Notre Dame faisait
office de salle de réunions et de délibérations
pour cet organisme chargé à l’origine de rassembler
et de gérer les fonds nécessaires à la construction
de la cathédrale de Strasbourg. Le receveur de l’Œuvre
Notre Dame (le secrétaire) devait y rendre compte de sa gestion
devant les délégués du Magistrat de la Ville
chaque année.
Les boiseries de la salle, plafond à caissons et lambris en
bois variés, datent de 1582. Elles ont été réalisées
d’après les dessins du maître d’œuvre
de la cathédrale, Hans Thoman Uhlberger.
La salle s’ouvre sur l’ancien caveau des archives qui était également
le bureau du receveur. Là étaient conservées
les archives de valeur (titres de propriété, registres
de comptes, actes, plans et dessins de la cathédrale) à l’abri
des vols et des incendies. La petite pièce est en effet dallée
et voûtée, la porte est pourvue d’un battant en
fer à serrure complexe et la fenêtre grillagée
est munie de contrevents en fer. |
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Le
jardinet gothique
Le jardinet gothique situé à l’emplacement d’une
ancienne cour est une création du fondateur du musée
Hans Haug qui l’installa en 1937 au pied de l’hôtellerie
du cerf. Cette reconstitution s’inscrit dans la tradition des
jardins médiévaux transmise par les peintres et les
graveurs rhénans du XVe siècle, mais elle s’inspire également
des préceptes théoriques de l’époque tels
que les conseils prodigués au XIIIe siècle par le dominicain
Albert le Grand dans ses traités de botanique Les Sept
Livres des végétaux et Naturalia.
Restauré dans les années 1990, le jardinet comporte
en son centre neuf modules rectangulaires regroupant plantes médicinales,
plantes ornementales.
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