1870 Strasbourg brûle-t-il ? du 11 SEPTEMBRE au 10 DÉCEMBRE 2010Illustrations

Introduction

Le 19 juillet 1870 éclate la Guerre francoprussienne qui conduit à la chute de Napoléon III et à l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Empire de Guillaume Ier. Au cours de l'été 1870, Strasbourg, puissante place forte de l'est de la France, subit le plus meurtrier siège de son histoire. Malgré une impréparation totale, un matériel obsolète et une garnison en infériorité numérique, la place résistera seule, coupée du monde, durant 46 jours face à un corps de siège de 60 000 hommes doté d'une puissance de feu écrasante. Affrontement entre deux nations, ce siège est aussi le duel entre deux hommes, le général Jean-Alexis Uhrich, gouverneur militaire de Strasbourg, et le lieutenant général August von Werder, commandant les troupes assiégeantes.

Le 13 août, les troupes badoises commencent l'investissement de la place et tirent les premiers obus sur la ville. Mais ce n'est que le 23 août, que l'artillerie de siège prussienne commence le bombardement à outrance de la ville afin de démoraliser la population et obtenir une reddition rapide. De nombreux monuments sont réduits en cendres, le musée des Beaux-arts à l'Aubette, la bibliothèque municipale au Temple-neuf. D'autres édifices suivent, le tribunal, la préfecture, le théâtre, même le toit de la cathédrale est incendié.

Au total plus de 200 000 obus s'abattent sur la ville rasant des quartiers entiers et obligeants la population à se terrer dans les caves et dans des abris de fortune. Mais ce bombardement ne brise pas la résistance des défenseurs, ce n'est que le 28 septembre, au terme d'un siège en règle et à la veille de l'assaut, que la ville hisse le drapeau blanc. Au final, un tiers de la ville est détruit, 1400 Strasbourgeois ont trouvé la mort ou sont blessés et 10 000 sont sansabris.

Mais ce siège est aussi marqué par le secours apporté à la population strasbourgeoise par la Confédération helvétique. Le 11 septembre, les délégués des villes de Bâle, Zurich et Berne entrent dans Strasbourg toujours assiégé et obtiennent de Werder l'autorisation d'évacuer une partie des habitants. Les 15, 17, 19 et 22 septembre, des colonnes de réfugiés quittent ainsi la ville pour la Suisse.

A l'occasion du 140e anniversaire de ce siège, les Archives, le Musée historique et la Médiathèque André-Malraux se sont associés pour raconter, au travers d'une exposition, l'histoire de ce siège. Le Musée historique retrace les événements qui ont ponctué ce siège et les personnages qui l'ont marqué. La Médiathèque André-Malraux, quant à elle, évoque la perte du patrimoine écrit et littéraire que subit la ville avec l'incendie de la bibliothèque municipale. Enfin, les Archives présentent la riche iconographie, dont ce siège à fait l'objet notamment les importantes couvertures photographiques des destructions, parmi elles une série de vue inédites en trois dimensions provenant du Staatsarchiv de Bâle.


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